Les ouvriers demandent plus d'augmentations
Plus de 10.000 ouvriers des usines Dacia Renault à Pitesti sont entrés en grève générale ce matin à 7h, pour une durée indéterminée, après que les négociations entre les syndicats et les patrons de l'usine concernant les majorations salariales aient échoué.
C'est la décision des leaders syndicaux, après que toutes les négociations entre le patron et les syndicats de Dacia-Renault
aient échoué. La direction de la compagnie a proposé une offre d'augmentaiton salariale de 118 lei, alors que les syndicalistes
demandaient 550 lei, en deux tranches: 350 lei à partir du 1 janvier 2008 et 200 lei à partir du 1 juin.
80% des 13.000 ouvriers de l'usine Dacia-Renault ont signé pour le début d'une grève générale, pour une durée indéterminée.
"La grève était inévitable, de la façon dont le patron a compris comment négocier avec nous. La grève est pour une durée
indéterminée et nos revendications restent inchangées. Nous attendons les augmentations que nous avons demandées, nous attendons
l'augmentation des primes de Noël et Pâques, et la résolution de toutes nos revendications. Nous sommes ouverts au dialogue et aux
négociations et nous les attendons avec grand intérêt" a déclaré Ion Iordache, le vice-leader syndical de l'usine.
Les leaders syndicaux affirment que durant les trois heures écoulées depuis le début de la grève, ils n'ont été contacté par aucun
représentant du patronat et que tous les ouvriers attendent que l'administration commence un nouveau round de négociations, en
régime d'urgence.
Selon Ion Iordache, tous les salariés du premier tour sont présents sur les lieux du travail, dans les sections où ils ont leur
activité, mais personne ne travaille et jusqu'à présent, aucun incident majeur n'a eu lieu.
"Les grévistes attentent les représentants du patron, le coeur serré, afin de négocier. Aucune section ne travaille. A la section de
pressage, l'arrivée des chefs de sections a été accueillie par des sifflets et des protestations et aucune voiture ne sortira
aujourd'hui de la chaine de montage. Je ne peux pas vous dire quelles seront les pertes enregistrées suite à cette grève, je sais
qu'on a parlé de 10 millions d'euros par jour, mais nous n'avons fait aucun calcul. Nous attendons que le patronat vienne discuter
avec nous, d'urgence", a-t-il déclaré.
Selon lui, la grève générale va continuer avec le second et le troisième tour, le syndicat ayant les signatures de plus de 80%
des 13.000 employés de l'usine.
La direction de Dacia a dit, vendredi, dans un communiqué de presse, qu'une augmentation de 550 lei équivaudrait à une
majoration moyenne des salaires de 64,2%. "Si nous particularisons, cela signifie une majoration de 74% du niveau minimum pour
un travailleur non qualifié, de 70,7% du niveau minimum pour un travailleur qualifié et d'environ 27% pour un spécialiste. Si nous
ajoutons à cela les augmentations induites dans les autres demandes de majoration, c'est-à-dire les primes de Noël, Pâques et
de vacances, la croissance moyenne arrive à environ 64,2%", dit ce communiqué.
Les syndicalistes ont demandé l'augmentation des primes de Noël et Pâques jusqu'à 50% du salaire moyen brut et des primes de
vacances jusqu'à 100% du salaire moyen brut. La compagnie dit qu'une majoration de 144 lei du salaire de base représenterait
une croissance moyenne de 12%, arrivant à 19,16% pour les ouvriers qui gagnent le salaire minimum. De plus, la direction de
l'usine va accorder à chaque ouvrier une prime de 1020 lei ou l'équivalent d'un salaire pour les résultats de 2007.
Selon les représentants de Dacia, le salaire moyen brut de l'usine a été, l'année dernière, au-dessus de la moyenne de l'économie,
de l'industrie et de la branche. Dans la conclusion de son communiqué, la compagnie annonçait qu'en cas de déclenchement d'une
grève générale, l'offre salariale serait retirée.
Jeudi 14 mars, 4000 ouvriers de l'usine Dacia-Renault de Pitesti s'étaient mis en grève d'avertissement de deux heures, les
travailleurs demandant principalement une augmentation des salaires, des primes de Noël et de Pâques.
La dernière grève générale de Dacia Pitesti remonte à 2002 et avait duré 3 jours.
Mediafax
24/03/2008