Les sénateurs ont voté les poursuites pénales

Seres et Pacuraru devront affronter la Justice

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Le Sénat a approuvé aujourd'hui les demandes de poursuites pénales contre le sénateur PC Codrut Seres et contre le ministre du Travail, le libéral Paul Pacuraru. Pour Seres, 83 votes "pour", 36 "contre" et un vote nul; pour Pacuraru, 75 votes "pour", 44 "contre" et un vote annulé.

Les représentants du PC furent les seuls à annoncer qu'ils ne voteraient pas pour les poursuites pénales de leur collègue Seres, alors que le PSD, le PNL, le PRM et l'UDMR -probablement de peur des réactions de Bruxelles- ont soutenu que la Justice devait faire son oeuvre.
Corneliu Pascu (PC) fut le premier à prendre la parole, en déclarant que les accusations de haute trahison "sonnaient pompeusement" mais n'étaient pas démontrées, motif pour lequel Seres ne pouvait pas être mis en situation de prouver son innocence. La sénatrice PC Rodica Stanoiu, ex-ministre de la Justice, a critiqué le rapport de la Commission Juridique en disant que les sénateurs juristes avaient complété un matériel "léger" et avaient introduit une nouvelle conception comme quoi il fallait démontrer son innocence en instance. "C'est une sorte de cauchemar des années 50", a-t-elle dit. "Votre conclusion est non convaincante. Vous deviez nous dire si ces dossiers représentent du harcèlement politique, oui ou non", a-t-elle insisté.
D'autre part, le président du PRM, Corneliu Vadim Tudor, a réitéré la décision de son parti de voter pour les poursuites pénales, aussi bien pour Seres que pour Pacuraru. Vadim s'est référé au rapport de la C.E., fait sur base d'une documentation qui avait déjà donné son verdict, mais a admis que ce rapport existait bel et bien et que la Roumanie ne devait pas risquer des "malheurs plus grands". Il n'a pas oublié de rappeler d'autres dossiers non résolus: la Flotte, Alro Slatina, Petrom.
La sénatrice PNL Norica Nicolai a expliqué que les membres de la Commission Juridique n'étaient pas des juges, si bien qu'ils ne s'étaient pas prononcés sur les preuves. Elle a toutefois admis que les accusations étaient "partisanes et tendancieuses" en ajoutant que personne ne pouvait renoncer à apprendre la vérité. "Personne ne doit jamais se cacher derrière le Parlement, nous devons au moins donner une chance à la justice" a-t-elle conclu avec ces paroles qui auraient bien été utiles aux parlementaires députés qui ont voté autrement il y a deux semaines à peine. Nicolai annonçait ainsi que le PNL allait voter pour les poursuites pénales.
Le sénateur UDMR Gyorgy Frunda s'est référé explicitement au cas Pacuraru, et a précisé que, du point de vue politique, démarrer les poursuites pénales était une "aide" apportée à la personne en cause. Il a rappelé les "harcèlements" auxquels d'autres ex-ministres avaient été soumis, Teodor Atanasiu et Nagy Zsolt, et a dit que Seres devait avoir le courage de se présenter au Parquet, en demandant que son dossier soit finalisé dans un délai raisonnable. Il a aussi parlé de la nécessité de légiférer beaucoup mieux dans le domaine de la Justice, pour que des situations d'abus ne se produisent plus. "C'est de notre faute si le Président peut suspendre un ministre qui est poursuivi pénalement" a-t-il dit pour expliquer qu'une nouvelle réglementation était éncessaire, en dehors d'une sérieuse révision de la Constitution. Il a encore ajouté que le procureur général, ainsi que les chefs des départements de la ICCJ (y compris le DNA donc) devraient être, non seulement proposés, mais aussi élus par le CSM. Frunda faisait ainsi un grand plaisir au PSD, porteur de cette idée depuis longtemps déjà, mais semblait pourtant ignorer les recommandations très strictes de Bruxelles à cet égard.
Enfin, le sénateur PSD Ioan Doru Taracila a révélé qu'il croyait autant à l'innocence de Codrut Seres qu'à celle de Paul Pacuraru mais que ses collègues ne devaient pas en être dérangés: ce n'est pas le Sénat qui établit l'innocence ou la culpabilité. "Laissons ce rôle aux procureurs, à la justice, aux juges, si on arrive jusque là", a-t-il dit. Il a mentionné le fait que le dossier de Seres contenait plus de 30.000 feuilles de notes sur les interceptions (téléphoniques) et qu'en les lisant, il était passé de "l'indignation à la dérision". "Comment parler de saper l'économie nationale alors qu'il n'y a pas de préjudice, de transmission de secrets alors que le Parquet Général ne cite aucun secret transmis?" s'interrogeait le sénateur qui a conclu en disant que toutefois, il fallait une solution "de bon sens" et laisser la Justice jouer son rôle.
C'est donc avec beaucoup de ressentiments et de haine retenue que les sénateurs ont finalement accepté de voter les poursuites pénales contre Codrut Seres et Paul Pacuraru.

Realitatea.net
26/08/08

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