En 2005, la municipalité a gaspillé, sans justification, 20 milliards de lei (plus de 555.000 euros) pour éradiquer les chiens errants.
Les chiens errants reviennent au premier plan: un Japonais est mort après avoir été mordu par un chien vagabond, à
deux pas du siège du Gouvernement. La nouvelle est arrivée aux oreilles de la Mairie par la presse, mais pas par la
police. Les édiles de la Capitale disent qu'ils ne savent pas encore s'ils ont attrapé le "criminel",
parce que l'identification du quadrupède doit être faite par la police. "En ce moment, nous ne savons pas s'il
s'agit d'un chien errant ou s'il appartient à quelqu'un", a déclaré hier le maire général, Adriean Videanu.
L'année dernière, la Mairie de la Capitale a dépensé plus de 20 milliards de lei pour les chiens errants de
Bucarest. On estime que le nombre de ceux-ci atteint les 60.000. Stériliser un seul chien coute environ 1,5
million (42 euros) soit, la moitié du salaire mensuel d'un employé de l'Administration pour la Surveillance des
Animaux (ASA). Maintenant, le maire général voudrait amener des étudiants en médecine vétérinaire, de plusieurs
pays de l'U.E., afin de lutter contre les chiens de rues de Bucarest. "Nous faisons appel aux
ambassades européennes pour qu'elles nous envoient 1000 étudiants de leurs facultés de médecine vétérinaire
pour participer à la stérilisation de ces chiens" a dit Videanu. De plus, la mairie de la Capitale va proposer
au Gouvernement d'adopter une ordonnance d'urgence qui durcirait les règles d'adoption des chiens errants.
Une seule personne pourra adopter un seul chien, pour lequel il paiera une taxe unique établie par décision du
Conseil Municipal.
Immédiatement après la tragédie de dimanche, la mairie avait démarré une action de capture des chiens errants dans
la zone du drame. On n'a pas tenu compte du fait que c'était dimanche après-midi (beaucoup de touristes et
promeneurs, ndlr) et des employés ont été envoyés aussi dans la zone Titulescu-Place Victoriei, où ils ont
attrapé 25 chiens vagabonds.
Les autorités essayent de nous convaincre qu'environ 40% des chiens qui arrivent dans les refuges sont ensuite
revendiqués par de faux amoureux des animaux qui leur offrent de nouveau la liberté. Les représentants de la
Mairie montrent du doigt la D.S.V. (Direction Sanitaire-Vétérinaire) dont la responsabilité est notamment
d'amender ces personnes. Selon la loi, les amendes ont une valeur de 10 à 20 millions (277 à 555 euros) nous
a précisé la directrice de l'ASA, Simona Panaitescu.
Le maire du secteur 1, Andrei Chiliman, accuse l'impuissance de l'ASA à éliminer le phénomène des chiens errants.
"Moi, j'aime les chiens, et la plupart des chiens errants sont des chiens sympathiques et intelligents. Mais dans
n'importe quelle capitale européenne, les chiens ne sont pas dans la rue, en meutes, comme chez nous. Le
manque d'argent, d'intérêt et la crainte des ONG de la part de la municipalité ont contribué à la situation
actuelle dans Bucarest. Résultat: cette situation échappe à tout contrôle, le nombre de chiens a grimpé de
manière inquiétante et on a atteint le sommet avec la mort d'un homme", a-t-il déclaré.
En 2005, la mairie du Secteur 1 a envoyé environ 130 pétitions à l'ASA, par lesquelles des problèmes étaient
signalés -surtout dans la zone Titulescu où s'est produit l'incident de dimanche- concernant des chiens errants,
mais aucune d'entre elles n'a reçu de réponse!
Adevarul
31/1/2006
Plusieurs de nos lecteurs connaissent notre attachement à tous les chiens, en général, et aux chiens errants,
en particulier. A ceux qui ne le sauraient pas encore, je leur conseille de lire les pages concernant ce sujet
à cette adresse :
Comment sauver les chiens de la rue?
ou de lire et donner votre avis sur un autre cas typique en Roumanie:
Le blog de Lucia
Pour en revenir au scandale d'aujourd'hui, je voudrais préciser plusieurs choses.
Je suis entièrement d'accord avec
Andrei Chiliman qui dit que les chiens errants sont, en général, sympathiques et intelligents. Tout dépend de la
manière de les aborder. Depuis 12 ans que nous venons en Roumanie -et 5 ans que nous y habitons- nous n'avons
jamais été attaqué par un seul de ces chiens. Pourtant, nous ne fuyons pas à leur approche, mais au contraire,
nous les appelons, nous allons même vers eux -sans aucune crainte.
Par contre, je ne suis pas d'accord avec lui lorsqu'il parle du manque d'argent, alors qu'on vient de parler
des 20 milliards dépensés en 2005. Cela fait des années que l'on dépense des fortunes en Roumanie
pour les chiens errants, sans aucune amélioration. Brigitte Bardot avait aussi essayé à une certaine époque
et avait été très fâchée de l'attitude arrogante de Basescu et surtout, de la manière désinvolte de dépenser
l'argent qu'elle avait mis naïvement à sa disposition... L'explication est donc tout autre.
Que les municipalités aient peur des ONG, cela me semble un peu gros comme excuse. C'est vrai que ces "fondations"
sont parfois puissantes, car aidées de l'extérieur (comme celle dont je parle dans les pages "Comment sauver les
chiens de la rue?", aidée par une ONG belge!). Il suffirait donc de revoir la loi sur ces fondations
(et surtout de l'appliquer) et non pas de revoir les amendes ou les règles d'adoption comme le propose Videanu.
On peut en effet se poser la question de savoir ce que font réellement ces ONG qui sont chargées de "protéger
les animaux", et cela depuis des années, alors que leurs patrons prennent des vacances en Inde ou aux Caraïbes.
Le "manque d'intérêt" dont parlait Chiliman me semble être une bonne blague. Cela dépend bien sûr de quel
intérêt il s'agit. Quant aux personnes qui sont véritablement intéressées par le sort des animaux en Roumanie,
Mr Videanu ou Mr Chiliman peuvent nous contacter d'urgence: nous avons de bonnes adresses.
M.G.
31/1/2006