Le Département National Anticorruption (DNA) a démarré hier des poursuites pénales contre le vice-premier George
Copos. Celui-ci est accusé d'avoir vendu à la Loterie Nationale, pour un prix surévalué, 38 espaces immobiliers
se trouvant dans le patrimoine du groupe de firmes Ana Electronics qu'il dirige. Dans ce dossier, le directeur
de la Loterie Nationale, Nicolae Cristea, et un citoyen italien, Rossagilio Giuseppe, actionnaire de l'Ana
Electronics, sont également soupçonnés. Les principales accusations formulées par les procureurs sont: abus en
service et évasion fiscale.
Les affaires immobilières entre le groupe de Copos -Ana Electronics- et la Loterie Nationale, ont provoqué un
préjudice d'environ 1,5 million de d'euros, selon les enquêteurs, somme résultant du non paiement des taxes dûes
à l'état et de la surévaluation des actifs. La porte-parole du D.N.A., Livia Saplacan, a confirmé hier soir
les poursuites pénales contre ces 3 personnes, pour "infractions économiques liées aux relations commerciales
entre Ana Electronics et la Compagnie Nationale Loterie Roumaine". Elles ont été citées à comparaitre au siège
du DNA dans les prochains jours pour leur signifier ces accusations de façon officielle.
En mai 2005, le DNA annonçait le déclenchement de poursuites sur certains contrats de vente-achat d'immeubles
à Cluj et Targu-Mures, appartenant à la Loterie Nationale. La direction de celle-ci aurait dépensé environ 600
milliards de lei (16,66 millions d'euros) pour acquérir des immeubles qui ne pouvaient pourtant pas être utilisés
comme sièges de la compagnie.
En même temps, la Loterie aurait acheté 38 espaces commerciaux qui devaient être transformés en agence LOTO,
cette transaction ayant été conclue sans aucune licitation organisée, ainsi que le prévoit la législation
dans le cas des institutions d'état.
Les représentants de la Loterie ont rejeté les accusations formulées par les procureurs anticorruption. "Le DNA a repris ce dossier, lié à l'acquisition de certains espaces. Cependant, ceci s'est passé l'année dernière. A ce moment-là, nous avons prouvé que ces acquisitions avaient été faites légalement. Je n'ai rien entendu sur le fait que Mr Cristea serait appelé au DNA", nous a déclaré Adrian Albu, directeur de marketing de la Loterie.
Copos devait réagir enfin vers 18h, lorsqu'il a affirmé qu'il était poursuivi, en relation avec "une transaction commerciale de 2004, pour laquelle il avait payé les taxes et impôts à l'état". "Je suis le premier interessé pour que n'importe quelle suspiscion qui planerait sur les activités effectuées par le Groupe Ana soit enquêtée, clarifiée le plus vite possible, afin d'éloigner tous les doutes. Si on découvre des illégalités, qu'elles soient sanctionnées. Je n'ai aucune émotion, aucune crainte, aucun doute quant aux résultats de ces investigations", a-t-il déclaré sur Realitatea TV.
Copos a affirmé que, pour être poursuivi, il était prêt à renoncer à son immunité de sénateur et de vice-premier. Il a envoyé une déclaration à la presse, sans l'entête de l'Exécutif, et signée seulement de son nom, pas de sa fonction. Des sources gouvernementales soutiennent qu'on lui avait conseillé de ne pas associer le Cabinet dans sa démarche, ni d'utiliser l'adresse e-mail du Gouvernement.
Les représentants des partis parlementaires ne savaient pas encore grand chose hier soir sur le démarrage de
l'enquête contre le vice-premier. Beaucoup d'entre eux se sont déclarés surpris par cette nouvelle. Ils ont
dit cependant que la justice était la même pour tous, indiféremment de la fonction. Le chef de parti de
George Copos, Dan Voiculescu, était, pour sa part, introuvable.
Eugen Nicolaescu, porte-parole de l'Alliance D.A.: "Toute personne, indifféremment de la fonction qu'elle occupe
dans l'état, doit se soumettre aux rigueurs de la justice. J'espère que celle-ci sera objective. Cependant,
dans une firme privée, c'est difficile de prouver un abus de service".
Ioan Oltean, vice-président du P.D.: "George Copos devrait se suspendre de sa fonction de vice-premier pendant la
durée de l'enquête. Ainsi, toute suspiscion concernant une éventuelle influence politique sur l'enquête serait
éliminée".
Bogdan Ciuca, porte-parole du P.C. (le parti de Copos, ndlr): "J'ai appris cela moi aussi, il y a quelques instants.
De touts façons, je n'ai pas beaucoup de commentaires à faire parce que Mr Copos n'a pas été appelé au DNA en
qualité de membre de parti ou de vice-premier-ministre, mais comme personne privée. Beaucoup de personnalités
politiques ont été appelées au Parquet, mais cela ne signifie pas absolument qu'elles étaient coupables"
(bien au contraire! ndlr)
Evenimentul Zilei
Laura Gafencu, Bogdan Bratescu
20/1/2006