Selon un récent rapport, la prochaine décennie verra un développement plus
rapide des cultures agricoles à base d'OGM (organismes génétiquement modifiés) par rapport aux 10 dernières années.
Actuellement, c'est aux USA que ce type de culture est le plus représenté et
la Roumanie se situe aux avant-postes dans le classement. Les OGM ne sont
pourtant pas acceptés dans tous les pays. Selon ce rapport,
au cours des 10 dernières années, les pays en voie de développement les ont
adoptés à un rythme quatre fois plus rapide que les pays développés.
Le Service International pour l'Acquisition des Applications dans le domaine
des Agrobiotechnologies http://www.isaaa.org/
a récemment publié un rapport.
Selon Clives James, président de cette organisation, la Roumanie et la Bulgarie
qui entreront prochainement dans l'Union Européenne, cultivent des plantes
génétiquement modifiées à grande échelle et la Roumanie se situe même à cet
égard parmi les plus grands producteurs.
Rapport de l'ISAAA
Le rapport donne un classement où l'on retrouve en tête les USA, suivis de l'Argentine,
du Brésil et de la Chine. Le rapport relève qu'en 2005, environ 8,5 millions
d'agriculteurs ont cultivé des plantes génétiquement modifiées sur une surface
totale de 222 millions d'acres [env. 90 millions d'hectares]. En 1996, 6 pays
cultivaient des OGM. En 2005, leur nombre est passé à 21. En Chine où
l'on estime que ce type de production a véritablement explosé, on s'attend à
voir adopter prochainement des variétés de riz génétiquement modifiées. À l'occasion
de la présentation du rapport, le président de l'organisation a mis en évidence
le fait qu'en 2005, la France et le Portugal ont repris la culture du maïs transgénique
que la Tchéquie vient d'en autoriser la pratique.
En cultivant des OGM, de nombreux agriculteurs estiment que la résistance aux
ravageurs, la tolérance aux herbicides et le rendement sont très supérieurs
par rapport aux cultures traditionnelles. L'organisation "Les Amis de la Terre"
[http://www.amisdelaterre.org/]
considère cependant que le rapport de l'ISAAA ignore l'augmentation du nombre de
pays où ce type de culture est interdit. L'Europe est de loin le continent qui
enregistre la plus grande résistance à l'introduction des cultures génétiquement
modifiées. En France, on a même assisté à de sérieuses protestations de la part
des agriculteurs face à une telle évolution de l'agriculture. Le président de
l'ISAAA considère toutefois que les cultures génétiquement modifiées seront
toujours mieux acceptées.
BBC Romanian.com
Andrei Manolescu
7/1/2006
Le point de vue de l'organisation "Les Amis de la Terre"
Selon un communiqué de presse paru dans
[http://www.amisdelaterre.org/article.php3?id_article=596]
l'ISAAA est considérée au même titre que les entreprises actives dans le développement
et le commerce de nouvelles variétés transgéniques. L'article souligne que les OGM
"ne constituent pas un outil pour une agriculture durable".
"Les entreprises de biotechnologies et les principales organisations responsables
de la promotion du génie génétique comme Monsanto, Aventis, AfricaBio et ISAAA
cherchent activement à utiliser le Sommet [Sommet Mondial pour le Développement
Durable de Johannesburg organisé en août-septembre 2002] pour légitimer les cultures transgéniques
comme une solution durable pour l'agriculture dans les pays en voie de développement
à travers des partenariats et d'autres initiatives. Les militants affirment au contraire
que le Sommet devrait s'intéresser aux véritables pratiques agricoles durables plutôt
que de promouvoir les "solutions" proposées par l'industrie biotechnologique dans
le seul but de réaliser des profits."