Décision prévisible du leader humaniste:
Le PUR reste au gouvernement, mais sans les préfets.
Evenimentul Zilei

Le Parti Humaniste Roumain a annoncé qu'il restait au Gouvernement, mais renonçait aux postes
de préfets. La décision a été prise hier par le Bureau Permanent du parti. Selon le document
intitulé "Appel à la stabilité", et adopté par le forum des dirigeants humanistes, le PUR considère qu'un
gouvernement "d'essence démocratique et réformiste", investi il y a quelques jours seulement, "doit travailler en paix".
Selon ce document, le but principal de la participation PUR est "la stabilité politique du pays, l'aide à la classe
moyenne et au capital autochtone".
Le PUR justifie sa décision de rester au Gouvernement par l'approche de la date à laquelle la Roumanie
doit signer le Traité d'adhésion à l'U.E. (en avril), les humanistes considérant que cet évènement devrait
unir les forces politiques. De plus, le PUR appelle tous les partis parlementaires à suivre "l'intérêt
national", appréciant le fait que, dans la coalition gouvernementale, l'Alliance PNL-PD, comme le PUR,
"n'a pas fait d'acte immoral, mais une entente politique absolument nécessaire, déterminée par le besoin de
stabilité". Le président Dan Voiculescu est par ailleurs mandaté pour assurer, de commun accord avec le Premier
Tariceanu, "une formule de gouvernement stable et efficace".
En même temps, les humanistes ont déclaré que puisque le PNL, le PD et l'UDMR avaient déjà décidé de partager
les postes de préfets, "il était bien" que ceux-ci continuent leur travail jusqu'au bout.
Le PUR a renoncé à tout poste de préfet des judets restés "disponibles". Le leader Dan Voiculescu a motivé cette
décision par le fait que le PNL, le PD et l'UDMR avaient décidé de répartir les préfectures sans consulter le PUR.
Le PUR reste avec le PSD dans les administrations locales.
Interrogé sur la possibilité pour le PUR de détenir d'autres postes dans l'administration locale, le président du PUR
a affirmé qu'il aurait une discussion sur ce thème avec le Premier Tariceanu ce lundi. "Le problème qui se pose
est lié au fait que certains de nos spécialistes souhaitent occuper quelques postes", a-t-il soutenu.
Concernant la possibilité selon laquelle les élus locaux du PUR pourraient passer du côté de l'Alliance dans les Judets
où ceux-ci avaient une entente avec le PSD, Voiculescu a précisé que "tous les accords du parti humaniste étaient
fermes" et ne pouvaient être changés que dans le cas d'un changement des conditions fondamentales" ayant mené à leur
signature. "En d'autres mots, si les hommes avec lesquels nous collaborons deviennent des hommes avec lesquels nous
ne pouvons plus collaborer, du point de vue de leur attitude. Pour le reste, la couleur politique de nos collaborateurs
dans les Conseils de Judets ne compte pas beaucoup, l'important c'est que là, il y ait une collaboration, indifféremment
de la couleur politique", a ajouté Voiculescu.
Quant à la possibilité de remplacement des présidents des deux Chambres, Voiculescu a dit que le PUR avait donné
une fois son vote au Parlement, lorsque celui-ci avait été élu. Selon le leader humaniste, le PUR est un parti
responsable, qui ne peut retirer son vote que dans la mesure où apparaissent des "éléments majeurs", qui mettraient à
jour une autre lumière sur une personne, comme une enquête ou un comportement qui serait "un frein" dans le déroulement
des travaux des deux Chambres.
Le PNL "salue" la décision du PUR.
Le PNL salue la décision du PUR d'assumer ses responsabilités pour la stabilité du Gouvernement, a déclaré hier le
porte-parole du PNL, Eugen Nicolaescu. Il considère que le PUR, comme les autres partis de la coalition gouvernementale,
ont compris que l'objectif central de la Roumanie, l'intégration européenne, devait être au-dessus de tout intérêt de
parti. "Malheureusement, le PUR n'a pas résolu les modalités pratiques de collaboration qui devraient se baser sur des
valeurs et principes communs, et cet état de choses devrait se clarifier dans la période qui suit", a-t-il mentionné.
Les libéraux se sont déclarés par ailleurs surpris du fait que "l'on ne comprenne toujours pas la nécessité d'une
cohérence dans les activités de l'administration publique locale et centrale. De là, je crois qu'il est nécessaire
que la position du PUR soit prise sans ambiguité comme cela existe à présent", a encore dit Nicolaescu.
Le PUR maintient son pouvoir de chantage.
Ce n'est pas quelque chose d'inattendu, c'est une décision normale dans les conditions où le PUR doit distribuer
ses ressources tant au Gouvernement, qu'aux administrations locales et aux groupes d'intérêts qui le composent.
Le PUR, par sa décision, a pratiquement maintenu sa position d'arbitre, et en refusant les 5 préfectures offertes
par l'Alliance, il poursuit 2 objectifs: d'une part, renforcer la position du parti en Transylvanie, là où la
nomination de préfets hongrois pourait produire un mécontentement dans le rang des électeurs roumains aux
sensibilités nationalistes, et d'autre part, maintenir les alliances des conseils de judets avec le PSD
et donc, une stratégie de relations circonspectes, mais solides, avec le principal parti d'opposition.
D'autre part, le maintien au Gouvernement n'est qu'une solution à court terme. La stabilité du Gouvernement
dépendra de l'efficacité des gouvernants et de la stabilité du PSD. Autrement dit, dans la mesure où le PSD
restera un parti unitaire et puissant au niveau parlementaire, le PUR pourra basculer n'importe quand.
Pour le PUR, cette politique est très avantageuse, parce qu'elle suppose des efforts humains et financiers
minimes pour des résultats maximes. En sciences politiques, la position que détient le PUR s'appelle
"le pouvoir du chantage".
Alexandra Diaconu
9/01/2005